Vous ête ici :  Accueil >  Webzine >  Dossiers

Détail du dossier

jeudi, 24.09.2009 15:46 Il y a : 5 yrs

Les précisions de Benjamin Gérard Assouzo’o : « Nous ne voulons pas confisquer la fibre optique » [interview]

Les précisions de Benjamin Gérard Assouzo’o, responsable de la communication commerciale à CAMTEL.

Des opérateurs privés se plaignent que CAMTEL veut « tenir » seule la fibre optique. Rien ne dit pourtant que la société  peut la développer sur tout le territoire.

Il s’agit d’allégations pour le moins surprenantes. CAMTEL veut-elle vraiment "tenir" la fibre optique, alors qu’aucun opérateur du secteur n'a sollicité des capacités sans en recevoir ? Qu'ils ne se plaignent pas du service de qualité qui leur est rendu, mais plutôt des coûts dits élevés, ce qui reste à vérifier. CAMTEL est un opérateur à forte prédilection sociale. Nous pensons d’abord au service universel. Je vous concède que CAMTEL ne va pas aussi vite qu’on le souhaiterait. Mais elle ne manque pas de volonté. Malgré la rigidité du cadre légal qui a empêché l’entreprise de se comporter comme ses semblables, notre direction générale n’a pas lésiné sur les moyens pour faire avancer le réseau, notamment la connexion du territoire en fibres optiques. 700km ont ainsi été posés, s’ajoutant aux 900km du pipeline, rétrocédés à CAMTEL par l’Etat en 2007. Il y a surtout que CAMTEL entame, avec l’appui du gouvernement, la mise en œuvre du Backbone national à fibres optiques : 5400km à déployer à l'échéance février 2010. C’est peut-être ce qui fait peur. Il ne faudrait toutefois pas, car, CAMTEL ne travaille pas comme ceux dont la hargne à gagner de l’argent conduit à la spoliation des clients.

Vos projets d’exploitation de cette fibre dont le public doit attendre beaucoup en termes de qualité et de coûts ?

Signalons d’abord que tout ce qui est fait en ce moment dans notre pays en terme d’échanges en communication et d'évolution scientifique liée à la haute technologie est dû à CAMTEL. Il est peut-être temps que tout le monde le sache. En termes de projets, après la construction du Backbone, CAMTEL entend poursuivre la mise à disposition du Cameroun profond l’ensemble des moyens de communication à même de servir le vrai développement. Il s’agit d’arrimer notre pays aux standards internationaux. Avant fin 2010, l’e-government, l’e-commerce, l’e-learning, l’e-médecine (déjà en cours d’expérimentation), seront mis à contribution pour créer l’électrochoc dont parle le chef de l’Etat en vue du décollage définitif de notre pays. Il va sans dire que nos coûts de communications, déjà bas, seront réduits de moitié, voire plus.

Autre chose : l’arrêt des travaux de la pose de la fibre optique par un opérateur de mobile serait de votre fait. Que reprochez-vous à cet opérateur ?

CAMTEL n’a pas de reproches à faire à qui que ce soit. Elle est simplement surprise de la manière avec laquelle la loi peut être galvaudée. Et pour garder notre identité, celle d'une entreprise respectueuse des normes et des objectifs poursuivis par les pouvoirs publics, nous avons cru nous adresser à qui de droit afin de faire entendre raison à ceux qui semblent l’avoir perdue. Nous croyons en effet que les actes tels qu'ils sont posés par l’entreprise à laquelle vous faites allusion relèvent de l’excès de force et de zèle aussi. Et comme nous sommes dans un Etat de droit, nous avons cru devoir nous en remettre à cet arbitrage.

L’exclusivité accordée par la loi à CAMTEL est contestée par les opérateurs privés, qui parlent de concurrence déloyale. Un commentaire ?

Moi je vous demande dans quel pays au monde l’infrastructure des télécommunications est détenue par des privés. Notre pays n’a donc plus droit à une souveraineté ? Est-il encore possible d’assumer notre propre sécurité si le flux d’informations pouvant circuler entre sept millions d’abonnés n’est pas circonscrit et maîtrisé à temps réel ? Il n’y a pas de concurrence déloyale quand on respecte les lois d’un pays souverain. Et puis, parlant de concurrence déloyale, qui a tué les téléboutiques de CAMTEL ? N’est-ce pas le call box ? Et l’appétit venant en mangeant, il fallait bien qu’on s’attende qu’un jour nous en soyons à des débats qui n’ont pas lieu d’être. Car c’est de la même manière frauduleuse qu’un réseau hertzien parallèle a été mis sur pied, facilitant des techniques fâcheuses à l’exemple de l’utilisation des passerelles. Il faut à un moment que force revienne à la loi.


 
© 2010 - 2012 / Cameroon Telecommunications, Tous droits réservés