L’idée d’un câble sous-marin entre le Cameroun et le Brésil naît, à la base, de la volonté du Chef de l’Etat camerounais, de renforcer la grande et belle coopération qui existe entre les deux pays. Dans un contexte plus spécifique, il fallait multiplier, améliorer et sécuriser l’offre de services et d’infrastructures à large bande du Cameroun et en Afrique sud sahélienne.

SAIL ou South Atlantic Inter Link sera donc le premier câble sous-marin qui va directement connecter le continent africain au Sud de l’Amérique. Son point d’atterrissement au Cameroun fera suite aux trois autres déjà en service à savoir, celui du SAT3/WASC/SAFE, du NCSCS et du WACS.

Pour la réalisation de ce projet, l’état du Cameroun, représenté par la Cameroon Telecommunications (CAMTEL), s’est associé à des partenaires de pointe, notamment :

  • HUAWEI TECHONOLOGIES, spécialisée dans la construction des équipements, la pose et la maintenance des câbles sous-marins ;
  • CHINA UNICOM, opérateur chinois de télécommunications et partenaire privilégié de CAMTEL ;
  • EXIMBANK CHINA, banque chinoise d’import-export, qui supporte le financement de ce projet à travers un prêt.

Ces géants internationaux se sont donc associés à CAMTEL, maître d’ouvrage, qui dispose des ressources nécessaires pour le suivi et la réalisation du projet SAIL, à travers la deuxième phase de son programme National Broadband Network (NBN II).

Neuf mois après le lancement de ses travaux, le South Atlantic Inter Link est passé à la phase de fabrication des équipements. Le consortium de construction et de maintenance de ce câble a en effet été créé entre Camtel et China Unicom le 12 août 2016.

SAIL utilisera les dernières technologies optiques pour fournir un système des plus avancés dans le domaine des télécommunications sous-marines. Dans sa conception, il s’étendra sur près de 6 000 Km et aura une capacité de 32 Tbps (100 Gbps x 80 longueurs d’onde x 4 paires de fibres).

De Fortaleza, SAIL pourra être interconnecté à d’autres systèmes de câbles, avec des prolongements éventuellement jusqu’aux Etats-Unis. De même qu’à Kribi, des prolongements d’une part vers le réseau national camerounais et d’autre part vers des pays voisins sont envisagés.

Les études initiales de faisabilité, encore désignées Desktop Survey (DTS) ont permis d’identifier les sites de localisation des stations terminales et de dresser un tracé du câble. Les experts et ingénieurs procèdent donc déjà à l’exploitation de ces informations capitales pour la phase de pose effective du SAIL.

Ainsi, après la phase de fabrication des équipements en cours, suivront, plus tard, la pose du câble sous-marin et la mise en service effective dudit câble après toutes les vérifications d’usage pour confirmer la réalisation selon les règles de l’art et conformément aux spécifications arrêtées.

Le portefeuille actuel des câbles sous-marins exploités par Camtel propulse déjà le Cameroun à une hauteur inégalée en Afrique Centrale. Cependant, la construction d’un câble sous-marin vers l’Amérique imposera progressivement le pays comme un centre d’affaires, une plaque tournante des télécoms dans le monde et consolidera son statut de locomotive économique.

Ce projet, très ambitieux, participe à la volonté camerounaise de devenir un hub en Afrique centrale dans le domaine des télécommunications, au regard de sa position stratégique. Il servira de back up à tous les opérateurs de câble sous-marin, et de diversification des accès aux autres continents.

La connexion entre l’Afrique et l’Amérique du Sud, la première, permettra, en termes de bande passante, d’augmenter les liaisons de communications internationales et les possibilités de connexions vers d’autres nœuds internet. Elle va également réduire la latence du réseau, promouvoir le développement des entreprises de haut débit universel au Cameroun, et former un chemin de restauration pour certains systèmes de câbles, lors d’une éventuelle reprise après sinistre, grâce aux ressources sous–marines implémentées par le projet.

Sur le plan politique, on voit d’emblée le renforcement de la relation Afrique-Amérique. Du point de vue économique, la baisse des coûts de connexion au réseau Internet et aux autres réseaux de télécommunications électroniques sera significative. Suivra la création d’emplois dérivés grâce à cette baisse de coûts favorisants l’implémentation de nouveaux fournisseurs de services des réseaux hauts débits et de solutions de communications électroniques.

SAIL poursuit ainsi la marche de la révolution numérique de l’opérateur historique des télécommunications au Cameroun. Il va profondément changer le paysage national des télécommunications, et l’organisation mondiale dans ce domaine, pour positionner le Cameroun très favorablement dans le marché international.

 

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